C’est à Gym and Co en octobre-novembre 2013 que le comédien et réalisateur Roschdy Zem a glissé sa caméra. Avec son équipe, il a occupé les lieux pendant plus d’un mois. « Contrairement à d’autres salles bon marché et sans âme où il faut saisir un code pour franchir leurs portes, à Gym and Co, il ya l’ambiance et le matériel ! »

Bodybuilder – La bande-annonce

Critique cinéma de Alexandre sur Bodybuilder – (retro-hd.com) – 09/09/2014

Après Mauvaise foi et Omar m’a tuer, Roschdy Zem réalise avec Bodybuilder son troisième film. Avec un titre pareil, on s’attendait forcément à voir des gros bras et du muscle dans toute sa puissance. C’est évidemment le cas mais le film raconte bien plus que ça. Bodybuilder, c’est l’histoire d’Antoine, 22 ans, qui est obligé de fuir Lyon pour échapper à une bande de petites frappes à qui il doit de l’argent. Ce n’est pas son idée mais sa mère et son grand frère l’envoient à Saint-Étienne, chez son père, Vincent, qu’il n’a pas revu depuis des années. Les deux hommes ne se connaissent pas et n’ont pas grand chose en commun. Antoine, malgré ses ennuis, semblent vouloir continuer à s’en créer tandis que Vincent est concentré sur sa préparation intensive pour un concours de bodybuilding, sa passion.

Peu à peu, les barrières vont se briser et les deux vont pouvoir se parler sincèrement et mieux se comprendre, Vincent laissant son fils travailler pour lui à sa salle de sport pour le sortir de ses ennuis. A priori, on pourrait penser que Bodybuilder est un énième film sur les retrouvailles père/fils sans originalité. Il n’en est rien. Le film est intelligemment écrit et évite les pièges classiques. Ici, il n’y a guère de place pour les regrets. Les deux hommes se découvrent en tâchant de laisser le passé en dehors d’eux. C’est la situation actuelle qui compte, les jours passés ensemble. Vincent n’a pas eu le temps de regretter ses actions passées. Quand il a senti son fils se détourner de lui alors qu’il avait dix ans, il a simplement arrêté d’insister pour poursuivre sa quête, celle de devenir un grand bodybuilder. A 58 ans, Vincent veut refaire un concours et le gagner, non pas pour la gloire mais pour sa propre satisfaction.

Le film parle aussi bien de la relation entre un père et un fils que du bodybuilding, qu’il aborde sous un jour nouveau. Alors qu’on pensait tous les bodybuilders complètement fous pour imposer de telles choses à leurs corps, Roschdy Zem nous montre la beauté de la chose et de la passion qui anime les culturistes, prêts à tout sacrifier pour briller, le temps d’un moment sur la scène. D’ailleurs, c’est une silhouette imposante qui domine le film, c’est celle de Yolin François Gauvin dont c’est le premier rôle au cinéma. Lui-même bodybuilder (des muscles comme ça, ça ne sort pas de nulle part !), il impressionne non seulement par sa stature mais par la présence qu’il impose, capable de laisser filtrer une part de fragilité à travers son jeu. Face à lui, les autres acteurs sont tous impeccables notamment Vincent Rottiers qui arrive à donner corps, avec justesse, à un personnage pas forcément facile à aborder puisqu’il est toujours dur de s’attacher à quelqu’un qui enchaîne les conneries aussi facilement. Et pourtant, on s’y attache à ces personnages imparfaits qui font bien ce qu’ils peuvent pour se sortir de la banalité du quotidien et au final, rien dans le film ne semble de trop. Pour une fois, chose suffisamment rare dans le cinéma français, le réalisme n’empêche pas la beauté de pointer le bout de son nez, exprimée à travers les fêlures d’un bodybuilder de 58 ans qui apprend à connaître son fils.

Source

Article du Progrès paru le 27/09/2013

« Depuis mercredi le réalisateur Roschdy Zem, auteur de « Mauvaise foi » et « Omar m’a tuer », plus connu pour ses nombreux rôles au cinéma notamment dans « Indigènes » a posé ses caméras à la Talaudière.

Il a choisi d’y planter le décor de son film « Bodybuiler » et le tournage a débuté à la salle Gym and Co mais aussi au parc public de La Talaudière, et à l’étang paysager. Ce film raconte les retrouvailles entre un fils et son père. À 20 ans, le fils va découvrir que son père est bodybuilder, complètement investi par sa passion. Le tournage à La Talaudière s’étale sur une vingtaine de jours puis l’équipe se déplacera à Lyon et à Saint-Étienne, notamment pour le grand prix de bodybuilding Gym and Co. L’équipe restera dans la région jusqu’au 22 novembre prochain.

Fabien Gil, ex-Monsieur Univers diplômé d’état, depuis 18 années, ses athlètes de Gym and Co, et les amateurs de remise en forme clients de la salle de sport talaudièroise, sont donc aux premières loges du tournage. La compagne de Fabien, Nelly Rey, ex-Miss-Univers s’est même vue offrir un rôle dans le script du film, aux côtés de Marina Fois et Nicolas Duvauchelle.

Enfin, plusieurs autres athlètes font partie des figurants musclés. Au total, c’est un groupe de près de 60 personnes qui va investir les salles de musculation et les rues talaudièroises. Mais comment et pourquoi Roschdy Zem a-t-il choisi la Talaudière ? La réponse est toute simple. Roschdy Zem avait assisté plusieurs fois au concours de culturisme annuel de GYM and CO qui a lieu toutes les années à St-Etienne (c’est un concours connu internationalement dans le milieu).

Il avait fait part de son intention de tourner un film sur le sujet du bodybuilding, mais Fabien Gil ne l’avait pas cru. Roschdy a insisté et, l’an dernier, Fabien Gil a compris que ce n’était pas un canular… »

Source

Interview de Roschdy Zem parue dans le Progrès le 14/11/2013

Pourquoi avoir mis Saint-Etienne sous les feux de vos caméras pour ce film ?

Je cherchais à tourner dans une ville moyenne située pas loin d’une grande agglomération. J’avais pensé à Lille et Roubaix. Je ne connaissais pas Saint-Etienne. On a monté une page facebook pour rentrer en contact avec des clubs de bodybuilding et je suis tombé sur la page de Gym and Co à La Talaudière. Je leur ai envoyé plusieurs mails. Je crois qu’ils ont d’abord cru à une blague.
Ils m’ont invité en 2011 à venir passer deux jours à Saint-Etienne pour assister à leur grand prix. Je n’avais alors pas écrit une seule ligne du scénario.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce monde du bodybuilding ?

On le connaît peu ou pas du tout. Ce qui m’intéressait, c’était cette sacralisation du corps et de la nourriture.
Ce sont des gens passionnés par leur discipline. Il faut voir l’effort physique et financier qu’ils consentent pour gagner une coupe en plastique.
Ils dépensent entre 5 000 à 10 000 euros pour arriver au niveau des athlètes qui participent à une compétition comme le Grand Prix Gym and Co de Saint-Etienne.

Aviez-vous des a priori ?

Oui, sur le dopage notamment. Je me disais qu’il ne fallait pas être bien futé pour ça alors que ces gens ont une vraie connaissance de leurs corps et des composants de la nourriture. Ce sont tout sauf des idiots.

Est-ce qu’on peut revenir sur le forfait d’Antoine de Caunes qui, à l’origine, devait interpréter un champion de bodybuilding ?

C’est un très bon ami. Nous nous sommes engagés dans un challenge perdu d’avance. On y a cru alors que c’était voué à l’échec. C’était impossible de lui construire un corps en six ou huit mois.

Vous avez tourné presque pendant deux mois à Saint-Etienne ? Quels souvenirs vous laissera cette ville ?

J’avais plus de préjugés sur Saint-Etienne que sur le milieu du bodybuilding. Je pensais que c’était une ville sinistrée avec une population qui a du mal à subsister.

C’était à ce point ?

À Paris, tout le monde a cette image-là. J’avais oublié qu’il y avait un centre dramatique.
J’ai découvert qu’il y avait un opéra, un cinéma d’art et d’essai. Saint-Etienne subit la pression lyonnaise. Il y a une telle rivalité entre ces deux agglomérations, même si Lyon a gagné médiatiquement. Les Stéphanois nous ont réservé un accueil vraiment exceptionnel. On a tourné dans des quartiers dits « chauds ».
On n’a pas eu besoin de faire appel à des sociétés de sécurité. On a bénéficié d’une météo exceptionnelle. Je suis content de m’être planté sur l’image que j’avais. C’est une ville qui gagne à être connue. Je reviendrais peut-être à Saint-Étienne et pourquoi pas pour « Bodybuilder 2 ».

Propos recueillis Muriel Catalano

Source

Interview de Fabien Gil parue dans Zoom d’ici le 1/10/2013

Gym and co est tenue depuis 23 ans par un champion de bodybuilding, Fabien Gil. Cette discipline est justement au coeur de l’histoire du film. Cet ancien athlète, Mister univers 2000 toutes catégories nous raconte les quelques jours de tournage passés, et surtout la raison pour laquelle il a été choisi par Roschdy Zem.

Comment en êtes-vous arrivé à accueillir ce tournage ?

« Ca s’est passé d’abord par les réseaux sociaux. Mon amie Nelly Rey, Miss univers en fitness 2006, avait parmi ses fans Roschdy Zem. Il commentait ses photos, mais nous n’étions pas certain que soit le vrai. Un jour il lui a demandé des informations sur le grand prix Gym and Co, que j’organise toutes les années (voir encadré). Il voulait intégrer les coulisses, pour s’imprégner du milieu. Un jour, il est arrivé à Saint-Etienne, pour le prix Gym and co 2010. On a sympathisé, on la guidé et renseigné sur le milieu. Il m’a proposé de tourner ici. »

Qu’est ce qui lui a plu dans votre salle ?

« C’est un club familial, qui n’est pas une grosse machine : nous avons 400 adhérents. L’implantation lui plaisait bien, le fait qu’il y ait un grand parking aussi. Il y a un étage, et le héros du film habite au dessus de son club. Je pense qu’il me la proposé en grande partie par sympathie pour Nelly et moi. »

Il est venu tourner deux jours, principalement en extérieur. Comment cela s’est déroulé ?

« C’est une grosse machine, ils sont venus à 80 personnes, 5 camions. Il y a un mois, l’équipe décoration a refait toutes les peintures du club, c’était trop clair. Ils ont resali, pour que ça fasse plus vrai. Ils ont changé l’enseigne. A partir du 22 octobre jusqu’à la mi-novembre, ils vont tourner à l’intérieur du club, je vais être obligé de fermer. Le final du film se tournera au grand prix, je jouerai le speaker. »

Plusieurs stars font partie du casting, comme Marina Foïs ou Nicolas Duvauchelle. Pas trop impressionnant de les voir?

« Ils sont vraiment sympathiques et accessibles. J’ai eu la chance de côtoyer Antoine de Caunes, qui devait avoir le rôle au départ, mais avec la présentation du Grand Journal il n’a pas pu. »

Les lieux de tournage de films deviennent en cas de succès de véritables lieux touristiques, ou donnent un vrai coup de pub. Espérez-vous que ce sera le cas pour votre salle ?

« Je n’ai pas accepté pour ça, c’est avant tout un honneur d’avoir été choisi parmi 50 000 salles de France. Mais ça peut être que bénéfique pour la salle. »

Propos recueillis par S. B.

Source